Livres : Le Prix Nobel de littérature 2008 attribué à Jean-Marie Gustave Le Clézio
Article écrit le : 22-10-2008
par : Sophie Willaert

Jeudi 9 octobre 2008, l’Académie suédoise a annoncé que le Prix Nobel de littérature 2008 était  attribué à l'écrivain français Jean-Marie Gustave Le Clézio. L’Académie a en effet choisi « un écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante ». J-M. G. Le Clézio est le premier écrivain français à obtenir le Prix Nobel de littérature après Claude Simon en 1985 et l'écrivain d'origine chinoise Gao Xingjian en 2000. Il est, entre autres, l’auteur de Désert (1980), Le Chercheur d'or (1985), La Quarantaine (1995), Poisson d'or (1997), Révolutions (2003), Raga (2006), Ballaciner (2007) et Ritournelle de la faim (2008). J-M. G. Le Clézio appartient à l’origine au courant du Nouveau Roman, mouvement principalement guidé par Nathalie Sarraute et Alain Robbe-Grillet. Mais, à partir des années 80, le romancier renouvelle son style et adhère à l’écriture post-moderne et post-coloniale. A ce titre, il devient le chef des écrivains-voyageurs de sa génération mais aussi l’un des plus grands défenseurs du multiculturalisme en France. Par ailleurs, J-M. G. Le Clézio est un écrivain visionnaire et nomade qui observe méticuleusement le monde. Il passe en effet sa vie entre le Mexique, l’île Maurice, Nice et la baie de Douarnenez. Son regard se nourrit d’une fréquentation assidue des civilisations oubliées, et de longs séjours parmi des peuples retirés. Malgré tout, son œuvre dérive peu à peu vers des préoccupations plus spirituelles. En fin de compte, l’attribution du prix Nobel à cet écrivain permet de le distinguer de ses concurrents en raison de ses réflexions sur une époque qui s’interroge sur le tragique de sa condition. Cette récompense permettra ainsi à J-M. G. Le Clézio de mieux faire connaître cet univers de la solitude et de l’errance. Quelle que soit l’originalité de son œuvre, il avoue qu’« Écrire, c’est comme l’amour, c’est fait de souffrance, de complaisance, d’insatisfaction, de désir. »

 
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